L’actif immatériel dans sa stratégie…..

Persuadé depuis bien longtemps de l’importance de la prise en compte de l’actif immatériel dans le réflexion et les décisions stratégiques….

(L’Observatoire de l’Immatériel a calculé que plus de 80% de la valeur d’une entreprise étaient « cachés » dans sa part d’immatériel et que seulement 12,5 % de cet actif était inscrit au bilan)

j’ai pu lire récemment sur un article écrit par André Yves Portnoff de Futuribles qui décrit en quelques phrases et de manière lumineuse l’importance de la relation dans la création de valeur et la place centrale de celle ci dans la notion d’actif immatériel. J’ai donc souhaité le partager.

“la valeur est toujours produite par des interactions entre composants, entre idées, entre personnes. Un professionnel seul, quel que soit son talent, ne peut rien faire avec les meilleurs matériaux bruts du monde, il a besoin de collaborer avec d’autres et de profiter des talents de très nombreuses autres personnes.

Une deuxième idée est que la valeur est toujours immatérielle et subjective : les coûts sont objectifs, mais la valeur de notre offre, aussi coûteuse puisse être sa construction, ne s’exprime que si quelqu’un l’apprécie, est prêt à l’acheter, parce qu’il pense qu’elle lui procurera du plaisir, lui rendra le service qu’il espère. On vend de la technique, mais on nous achète du service.

Dans cette perspective, le travail créateur de valeur est essentiellement immatériel. Il dépend d’une capacité disons, intellectuelle, à identifier des problèmes, imaginer et appliquer des solutions, et d’une capacité plus affective, à construire des relations de qualité (communication, confiance, émotion !) avec d’autres, les clients, les membres de l’équipe, les partenaires… Ceci vaut pour tous les métiers, des plus intellectuels au petit commerce ou à l’aide soignante. Or cette aptitude relationnelle, qui tient d’abord à notre personnalité et notre caractère, dépend, comme l’imagination nécessaire à la créativité, de toutes nos vies, privée et professionnelle. Celles-ci s’imbriquent donc.

Tout ceci nous a conduits à décrire le fonctionnement des organisations selon un modèle dynamique : la création de valeur résulte à chaque instant de la qualité de flux d’interactions entre acteurs internes de l’entreprise et entre celle-ci et ses parties prenantes externes. L’entreprise ne possède pas des salariés, des fournisseurs, des clients. Elle entretient des flux de relations et sa valeur découle de sa capacité à valoriser ces différents flux pour créer notamment plus de ressource financière qu’elle n’en consomme.Une entreprise ne peut pas croître dans le désert …

L’entreprise ne peut vivre seule, elle importe de la valeur, grâce à ses interactions avec ses fournisseurs, ses actionnaires, ses clients, elle produit de la valeur pour eux. Elle entretient des échanges avec l’ensemble de la société qui lui fournit infrastructures et compétences. La qualité de ces échanges dépend de la capacité de l’organisation à entretenir des relations fortes, affectives, de confiance avec toutes ces parties prenantes. C’est ce que nous avons appelé le « capital relationnel », qui se construit grâce au capital d’intelligence collective.

Il est donc dangereux de penser stocks et flux, ou d’agir uniquement en fonction des réactions des investisseurs financiers.Ce serait sacrifier l’avenir à la pression de l’immédiat”

En ces temps troublés de virtualisation des solutions , des stratégies hors sol , merci à André Yves Portnoff de remettre au centre de l’entreprise la qualité de la relation et ce principe de réalité qui veut que la valeur peut et doit s’ancrer sur du réel !